Liège Nancy Liège 2016

Vendredi 26 août, 15h, l’équipe chargée de l’accueil des participants du Liège Nancy Liège édition 2016 s’affère. Il y a tout d’abord la gestion des parkings pour les motos mais aussi pour ceux qui amènent leur monture sur remorque. Ensuite, le contrôle technique où, permis, carnet d’immatriculation, assurance et conformité du véhicule sont minutieusement inspectés. Après cette étape incontournable, les concurrents reçoivent leur sac comprenant dossard, numéros autocollants, road book et autres documents pour ce périple de 2 jours.

Pour accueillir le départ et l’arrivée de ce rallye, quoi de plus adéquat que le Musée des transports en commun de Wallonie, situé à Liège, son cadre et ses infrastructures se mariant à merveille à ce type d’organisation.

 

Le Liège Nancy Liège, dont c’était la 38ème édition cette année, est un rallye de régularité regroupant de 120 à 150 motos dont l’année de conception est  d’avant 1945 regroupées en différentes catégories (à l’exception des pilotes de plus de 60 ans pouvant aligner une moto d’avant 1960 pour des raisons bien compréhensibles de facilité et confort).

Des contrôles horaires (CH), de passage (CP) et secrets (CS) jalonnent ce périple de 2 jours, où une moyenne de 36 km/h est à tenir. Les concourants ne tarissent pas d’ingéniosité afin d’améliorer la précision, mesurant et remesurant le périmètre de leur roue, prenant en compte l’écrasement du pneu sous la charge du pilote, son usure, la trajectoire sur l’itinéraire et bien d’autres paramètres.

C’est ainsi qu’il n’est pas rare d’avoir moins de 20 secondes (points) de pénalité cumulées au terme des deux jours de compétition malgré les multiples contrôles sur le trajet. Ces pénalités sont le résultat de comparaisons d’heures de passage et théoriques (basées sur la distance topographique à 36 km/h).

Si la gestion de la vitesse est importante, la navigation est primordiale. Toute erreur d’itinéraire (et donc le retard induit) est fatale. Aussi, la concentration est de mise entre la circulation et son code de la route, la lecture du road book, la vitesse à contrôler, sans oublier la conduite qui, avec un levier de vitesse au réservoir, une avance manuelle et un levier de gaz à tirette, s’apparente parfois plus à un exercice de jongleur qu’à la conduite d’une moto telle qu’on la connaît aujourd’hui.

 

C’est avec l’appui de la police de Liège que le tour en ville débute le vendredi à 18h. Comme chaque année, le cortège est reçu à l’hôtel de ville où les autorités locales accueillent les participants afin de leur souhaiter une bonne route. C’est aussi l’occasion pour les plus courageux de faire un arrêt « graissage » à la maison du péquet toute proche et de jouer les prolongations.

Samedi 06h30 le quartier des Vennes résonne sous les bruits des moteurs. Parmi les fumées, certaines plus épaisses à l'odeur typique, s’échappent des silencieux des quelques motos à moteur 2 temps participantes à la compétition.

Au vu des 350Km d’itinéraire qui séparent Liège de Nancy, les départs du samedi matin débutent dès 07h00 et ce, toutes les 20 sec. Très vite, les contrôles horaires se profilent avec leurs défilés de participants allant poinçonner leur carnet de route. La concentration est à son summum durant les 7 km suivants les CH, où des CS peuvent être mis en place. La jeune équipe de contrôleurs n’est pas en reste non plus en terme d’ingéniosité dans l’art du camouflage. Cette tâche demande beaucoup de rigueur et de coordination afin de pouvoir identifier le numéro du motard arrivant (particulièrement s’il est en peloton) et surtout pointer le temps de passage en fonction d’un repère précis pris sur la route.

Cette année, en raison de la situation sécuritaire, l’arrivée à Nancy à deux pas de la place Stanislas qui attire à chaque fois une foule d’amateurs ou simples curieux, n’a pu se faire. Ce n’est que partie remise ! C’est pourquoi, le dernier CH prit place à l’Hôtel Ariane qui accueille le rallye depuis de nombreuses années.

Les moteurs sont à peine éteints que les bruits de clés, pinces et autres outillages se font entendre. Les opérations varient de la simple maintenance et nettoyage afin de représenter une moto impeccable le lendemain, à des travaux plus importants jusqu’aux petites heures pour les plus malchanceux. Le visage tiré par le périple et les mains noires (trait caractéristique du pilote de moto ancienne), les motards s’en vont rejoindre leur chambre mais surtout la salle de bain avant de souper autour de tables bruyantes où anecdotes d’antan et simples aventures du jour sont relatées, mêlées aux rires et taquineries.

Dimanche, autre jour, même horaire mais la pluie s’est invitée en matinée. Ces machines et spécialement leur système d’allumage (magnéto ou dynamo rupteur) n’aiment guère la pluie, et le camion balai aurait pu rapidement être pris d’assaut. C'était sans compter la préparation minutieuse dont font l’objet les montures face à ces longs périples comme l’est le Liège Nancy Liège. Car, qu’on se le dise, les participants sont avant tout de grands rouleurs et brillants préparateurs qui n'en sont pas à leur coup d’essai. Même si le bris de pièces reste possible, la débrouillardise résout bon nombre de situations et permet de rallier la destination.

 

Dimanche 16h00, Liège résonne à nouveau. Les premiers participants repassent par le podium au musée sous le regard des supporters ou simples amateurs patientant en masse. Le traditionnel pain saucisse, cher aux compétiteurs après ces kilomètres au guidon de leur monture, les attend pendant que le directeur de course comptabilise les derniers résultats. Il est enfin temps de remettre les prix des différentes catégories et du général. Cette année, Eddy Philippet (Vice-président VMCB) au guidon d’une Saroléa est le vainqueur avec 18 points de pénalité. Sans nul doute, la concurrence sera rude et, il lui faudra être bien préparé pour défendre son titre en 2017 !

 

Mais bien avant l’aspect compétitif de l’épreuve, c’est d’abord une belle aventure d’un peu plus de 700Km en 2 jours, où tout est mis en œuvre par les organisateurs pour que le participant passe un excellent moment en compagnie d’amis durant ce 3ème weekend d’août.

 

Tout ceci n’est possible que grâce à un staff motivé, sous la houlette d’Henri Bovy, secondé par son épouse Bernadette qui organise cette manifestation depuis 30 années et dont les préparatifs commencent au lendemain du rallye pour l’année suivante. Merci à eux et à 2017 !

 

Pour les infos : lnl.vmcb.org

LENAERTS Eric

Président

www.vmcb.org

Mon premier Liège-Nancy

Ayant passé il y a peu le cap de la soixantaine et étant le nouveau propriétaire d'une Sunbeam S8 de 1950, j'étais donc dans les conditions pour une première participation dans la classe 8, celle des papys.

Souvenir : il y a 38 ans, en parallèle à Liège-Nancy-Liège, premier du nom, je prenais part à Liège-Nice-Liège. Cette épreuve, dans la forme de l'époque, n'existe plus tandis que LNL en était, ce week-end, à sa 38ème édition.

Préparation : on ne part pas pour pareil périple sans un minimum de préparation. Lecteur de road-book, plaques numéros, compteur de vélo plus la maintenance de la moto, vidanges, niveaux, batterie(s) chargée(s), …

Préparation, encore : écouter les explications des anciens (Jean-Pierre, Etienne, …) pour comprendre comment ça fonctionne. Ça n'a pas l'air compliqué mais mieux vaut savoir à l'avance !

Contrôles : présenter la moto et les papiers, enlever le sac avec tout le nécessaire pour le week-end (numéros, tickets repas et hôtel, road-book, …)

Départ : à 7 heures, 33 minutes et 20 secondes, c'est parti. Je suis accompagné de Jean-Pierre qui va veiller sur moi jusqu'au Luxembourg

Premier contrôle : on est bien dans les temps, même assez en avance. Tant mieux, on pourra faire un petit besoin, jeter un œil à la moto, discuter avec les participants proches en numéros.

Première base : là, il n'est plus question de rouler à n'importe quelle vitesse. Faut être le plus près possible de 36 km/h sur les 7 premiers kilomètres. Peut-être, ne sommes-nous pas dans une base, peut-être y sommes-nous et, si nous y sommes, on ne sait pas où sont planqués les contrôleurs d'arrivée. Bref, pas le plus simple surtout que la Sunbeam aurait tendance à hésiter sur le 3ème rapport et à être trop haut en 2ème.

Repas de midi : chez Luxlait un peu au-dessus de Mersch au Luxembourg. C'est le moment de sortir les tickets. Apéritif, buffet froid, buffet chaud, dessert et deux boissons. Après ça, on serait mieux à la sieste !

Problème (1) : la moto ratatouille, la batterie est assez faible. Je la change (heureusement, j'en ai une de réserve). Ça va mieux mais j'ai manifestement un problème de charge.

Entraide : je trouve un chargeur auprès de notre président, Éric. Merci à lui et dommage pour son problème mécanique le dimanche.

Troisième contrôle : au château de Preisch, juste après notre entrée en France. Superbe endroit dans son écran de verdure. Jean-Michel est au contrôle et m'explique que les brise-vitesse que nous venons de retrouver sont bien nécessaires. Moi, je dis que l'on vient de traverser le Luxembourg sans la moindre bosse et que les Français sont pour le moins restrictifs. Quoi qu'il en soit, ils sont là et il faudra bien faire avec.

Tracé : superbes routes au Luxembourg, bien sûr, mais aussi en France. Vraiment de belles découvertes avec, en général, un revêtement sec.

Road-book : parfait ! Facile à suivre, très précis, il fallait le vouloir pour se tromper !

Nancy : belle ville pour ce que j'en ai vu. Nous logeons un peu en-dehors de la ville à l'hôtel Ariane.

A l'hôtel : rangement de la moto, contrôle des niveaux et vérifications diverses. Je rajoute un peu d'huile, je sors la batterie pour la charger et hop, à la douche !
Je récupère mes bagages et m'installe. A 21 heures, souper, très bon et vite servi, quelques discours et au lit. Faut se lever tôt demain !

Trajet retour : de belles routes encore même si un peu plus (trop) de lignes droites. Les contrôles horaires se succèdent avec à chaque fois la même question : entre-t-on dans une base ? Comme on ne sait pas, on reste donc sur notre 36 km/h de moyenne même si c'est peut-être inutile.

Météo : hier s'est très bien passé, du soleil mais surtout du sec même si quelque routes étaient humides. Ce matin, grand bleu jusque midi puis quelques averses l'après-midi, aussi brèves que soudaines. Bref, pas de quoi noyer une grenouille !

Problème (2) : ce matin, j'ai encore dû changer la batterie. La moto a vraiment un problème de charge. A chaque contrôle, un petit coup de charge avec le chargeur d'Éric et je croise les doigts. Ouf, ça aura tenu jusque Liège !

Retour à Liège : de nombreuses personnes pour nous accueillir et nous féliciter. Ça fait du bien tout comme, d'ailleurs, le pain saucisse.

Classements : remise des prix peu de temps après l'arrivée et bonne surprise pour moi. Je suis 3ème dans ma catégorie derrière Etienne et Louis. J'ai pris un peu trop de secondes dans les bases. Faudra étalonner le compteur un peu plus précisément pour l'année prochaine ! Bravo à tous les participants.

Organisation : sans failles ! Super d'arriver à promener autant de personnes dans ces conditions pareilles où tout est sous contrôle. Bravo !

Merci : un tout grand merci ax organisateurs pour le temps passé, la bonne humeur et, je me répète, l'organisation impeccable.

A l'année prochaine …